RSE après l'Omnibus : le métier de directeur RSE se réinvente

RSE après l'Omnibus : le métier de directeur RSE se réinvente

Adoptée en 2022, la directive européenne CSRD devait généraliser le reporting de durabilité à des dizaines de milliers d'entreprises. Le paquet de simplification « Omnibus I », approuvé par le Conseil de l'Union européenne le 24 février 2026, a profondément revu cette ambition. Pour les directions RSE, c'est un tournant.

Ce qui a changé

  • Des seuils relevés : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et réalisant plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires restent soumises à l'obligation de reporting.
  • Un périmètre réduit d'environ 80 % : quelque 10 000 entreprises européennes resteraient concernées, contre environ 50 000 initialement.
  • Un calendrier repoussé : les grandes entreprises non cotées concernées publieraient leur premier rapport en 2028.
  • Des normes allégées : les standards ESRS doivent être simplifiés, avec une réduction annoncée d'une large part des points de données, tout en conservant l'analyse de double matérialité.

La fin de la RSE ? Loin de là

Pour de nombreuses ETI et PME, l'obligation réglementaire disparaît ou s'éloigne. Mais les attentes, elles, demeurent :

  • les grands clients, toujours soumis au reporting, continueront à demander des données à leurs fournisseurs ;
  • les banques et investisseurs intègrent les critères extra-financiers dans leurs décisions ;
  • les candidats, notamment les jeunes cadres, restent attentifs à l'engagement de leur futur employeur ;
  • les risques climatiques et d'approvisionnement ne disparaissent pas avec la réglementation.

Pour répondre aux demandes de leurs partenaires sans supporter un reporting complet, les PME peuvent s'appuyer sur le standard volontaire VSME développé au niveau européen.

Du reporting à la stratégie

Ces dernières années, de nombreuses directions RSE ont consacré l'essentiel de leur énergie à la préparation de la CSRD : collecte de données, analyse de matérialité, audit. L'Omnibus libère une partie de ce temps et invite à revenir à l'essentiel : la transformation du modèle d'affaires.

Le profil attendu évolue en conséquence. Au-delà de l'expertise réglementaire, les entreprises recherchent des directeurs RSE capables de :

  • relier la durabilité à la performance économique (coûts énergétiques, résilience des achats, nouveaux marchés) ;
  • embarquer les directions opérationnelles, achats, production, finance ;
  • dialoguer avec les parties prenantes : clients, financeurs, collaborateurs ;
  • piloter des feuilles de route concrètes, avec des indicateurs utiles plutôt qu'exhaustifs.

Des fonctions qui se rapprochent

La frontière entre RSE, finance et achats devient plus poreuse. Certains directeurs financiers intègrent désormais le pilotage extra-financier dans leur périmètre, tandis que les directions achats deviennent un levier majeur de réduction de l'empreinte carbone. Pour les entreprises, la question n'est plus seulement « faut-il un directeur RSE ? », mais « comment répartir la responsabilité durable au sein du comité de direction ? ».

Ce qu'il faut retenir

L'Omnibus allège la contrainte réglementaire, mais pas les enjeux. Les entreprises qui profiteront de ce répit pour structurer une démarche pragmatique et créatrice de valeur prendront une longueur d'avance, y compris en matière d'attractivité des talents.

Émérite RH accompagne les entreprises dans le recrutement de leurs profils RSE, achats et finance. Parlons de votre besoin.

Cet article est fourni à titre informatif. Sources : textes et communications de l'Union européenne sur le paquet Omnibus I ; analyses publiées en 2026.